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Le théâtre de Léna h. Coms

De Tempêtes aux Deux Médée, en passant par Nihil Delirium et Au sujet du néant se dessine un théâtre profondément symboliste où le mythe, la poésie et la philosophie remplacent le réalisme. Les pièces de Léna h. Coms ne racontent pas seulement des histoires : elles mettent en scène des idées vivantes, des archétypes et des forces qui traversent les êtres.

Le motif le plus constant est sans doute celui d'Éros et de Thanatos, non comme pulsions psychologiques mais comme moteurs dramaturgiques. Dans Les Deux Médée, Éros est l'élan qui pousse à choisir l'intensité au prix de la catastrophe, tandis que Thanatos prend la forme de l'amertume, du sacrifice et du regret. Dans Tempêtes, ces mêmes forces deviennent cosmiques : l'amour unit la Mer et le Ciel dans une création perpétuelle, tandis que la tempête exprime la colère du vivant face à la destruction. Nihil Delirium déplace ce dialogue à l'intérieur de la conscience : le désir de vivre et de créer affronte la tentation du néant à travers la voix d'un Fou, figure théâtrale de l'emprise et de la perversion narcissique. Enfin, Au sujet du Néant élargit cette tension à l'échelle métaphysique en faisant de toute fin la condition d'une renaissance.

Une autre constante est le dédoublement. Les deux Médée incarnent deux vies possibles ; le Fou est le double tyrannique de l'Homme ; la Mer et le Ciel sont deux amants indissociables ; le narrateur de Au sujet du néant affirme et détruit sans cesse sa propre parole. Tes personnages sont rarement unifiés : ils existent dans un miroir, un reflet ou une contradiction, comme si l'identité ne pouvait naître que de la confrontation avec son autre.

Enfin, ces pièces partagent une même confiance dans le pouvoir du théâtre. Le décor de papier mâché, les cartes, les incantations, les adresses au public ou les éléments naturels rappellent constamment que nous assistons à un rituel de représentation. Le mythe n'est jamais figé : il est une matière malléable que le théâtre réinvente à chaque incarnation en faire de la poésie non un ornement du drame, mais sa véritable architecture.

Le théâtre de Léna h. Coms développe un univers où le mythe devient un outil pour penser le présent. Nourrie de la tragédie antique, de la littérature symboliste et de la poésie philosophique, son écriture donne naissance à des œuvres qui se situent à la frontière du théâtre, de la performance et de la fable. Les récits fondateurs – Médée, Œdipe, Pénélope, Orphée ou les figures bibliques – ne sont jamais réinterprétés comme des reconstitutions historiques : ils deviennent des archétypes contemporains à travers lesquels s'explorent l'amour, l'exil, la mémoire, le vivant et les mécanismes de domination.

Au cœur de cette dramaturgie se trouve un principe de dédoublement. Les personnages dialoguent avec leur reflet, leur double ou leur destin possible : deux Médée issues d'un même choix, un homme affrontant son âme dans Nihil Delirium, Pénélope confrontée à l'ombre d'Ulysse, ou encore deux oiseaux incapables de partager une perception commune du monde. L'identité n'y est jamais fixe ; elle se construit dans la contradiction, dans le regard de l'autre et dans les vies que nous aurions pu mener.

Les œuvres sont également traversées par les motifs d'Éros et de Thanatos, envisagés non comme des pulsions psychologiques mais comme de véritables objets scéniques. L'amour est une force de création autant qu'une puissance de perte ; la mort devient silence, métamorphose ou recommencement. Dans Tempêtes, la Mer et le Ciel façonnent ensemble le monde avant de voir leurs enfants oublier leur origine ; dans Les Deux Médée, la passion révèle autant qu'elle consume ; dans La fin du monde est un commencement en soi, toute apocalypse ouvre paradoxalement la possibilité d'une renaissance.

Le théâtre de Léna h. Coms s'inscrit dans l'héritage du symbolisme tout en en proposant une réécriture résolument féminine. Là où les dramaturges symbolistes plaçaient souvent la femme au rang de muse, de vierge ou de figure fatale, ses œuvres lui rendent la parole et le pouvoir d'agir. Médée, Pénélope, les sœurs d'Œdipe ou encore Eve/Marie-Madeleine ne sont plus les satellites des héros masculins : elles deviennent les centres de gravité du récit, porteuses d'une pensée philosophique, d'une mémoire et d'une puissance créatrice. Le symbole n'y sert plus à idéaliser le féminin, mais à explorer des expériences universelles – le désir, l'exil, la transmission, la maternité, le deuil ou la métamorphose – à travers des voix longtemps reléguées au silence. Cette revisite du symbolisme fait ainsi dialoguer le sacré, le mythe et les enjeux contemporains dans une écriture où la poésie devient un acte d'émancipation autant qu'un langage théâtral.

La nature occupe enfin une place centrale. Animaux, végétaux, océans, volcans ou oiseaux ne constituent jamais un décor, mais des sujets à part entière, porteurs d'une mémoire et d'une sensibilité propre. Cette vision organique du monde traverse autant les pièces que le travail plastique de l'artiste, où les espèces deviennent des intermédiaires entre l'humain et le sacré. Le vivant y est pensé comme une communauté d'existences interdépendantes plutôt que comme un environnement extérieur.

Par une langue dense, musicale et volontiers incantatoire, Léna h. Coms compose un théâtre où le grotesque côtoie le sublime, où l'humour désamorce la tragédie, et où le spectateur est constamment invité à traverser le miroir du mythe. Ses pièces proposent moins des réponses que des expériences poétiques : des espaces où les grands récits anciens retrouvent une puissance d'émotion et de réflexion profondément contemporaine.

Découvre également certaines de ces pièces à travers la compagnie Naos :

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Naos est une toute jeune compagnie artistique pluridisciplinaire entre les arts de la scène et les installations performatives et participatives.

 

Naos est le (vieux) rêve de l'artiste-plasticienne néo-symboliste Léna h. Coms.

 

Naos est tout à la fois un navire, une géante bleue et le fronton d'un espace sacré. Bref, on vous embarque dans nos créations spectaculaire et merveilleuse !

 

Naos est hébergé au Labo des Arts, un endroit merveilleux où de nombreux artistes collaborent, créé, et se soutienne dans un monde où la création est plus que nécessaire mais peu reconnue.

 

Naos veut créer des moments de rêve et questionner ce qui est intemporel est pourtant si actuel : la guerre, la paix, le conflit, l'amour, la nature, le féminin, le masculin, la parité, les droits et les devoirs… En somme, nos vie d'humain.

 

Naos vous proposera bientôt (pour commencer) trois corpus artistiques : 

- Perdu dans la forêt, un double monologue entre rêve et écologie, 

- Le retour d'Ulysse, un monologue fragmentaire évoquant l'odyssée du point de vu de Pénélope,

- Mathilde(s), un double monologue entre Mathilde de Flandre et Mathilde l'empresse pour donner la parole à celle et ceux qui reste quand l'être aimé est parti à la guerre.

 

En nous suivant et en donnant, vous faites avancer le navire dans les eaux de la création.

En nous suivant et en donnant, vous faites grossir la géante bleue (qui deviendra une naine rouge, mais il paraît que c'est très bien aussi…).

En nous suivant et en donnant, vous construisez avec nous un temple sacré de création.

Pour soutenir Naos, n'hésitez pas à faire un don sur Helloasso. Cela nous permettra de payer les frais de gestion, les cartes de visites et les dépenses logistiques. Pour cela, vous pouvez cliquer ici :

https://www.helloasso.com/associations/naos

Pour contacter Naos : naos.lhc@gmail.com

Perdu dans la forêt

Perdu dans la forêt, un double monologue entre rêve et écologie

découvrez le début de la pièce en cliquant ici

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Le Retour d'Ulysse

Pénélope est-elle folle ou bien Ulysse est-il vraiment de retour ? Monologue (à un.e ou plusieurs interprètes) sur ce que l'on dirait si celles et ceux que l'on aime revenaient.

Cette pièce est associée aux installations plastiques L'attente de Pénélope.

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Mathilde(s)

double monologue (en cours d'écriture) entre Mathilde de Flandre et Mathilde l'Empresse pour donner la parole à celles et ceux qui restent quand l'être aimé est parti à la guerre

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